
‘Passer l’eau’ est une formule que l’on retrouve dans de nombreuses chansons traditionnelles du domaine français. Élément instable par excellence, l’eau y représente souvent un danger pour celui ou celle qui s’y aventure, en particulier quand il s'agit d'une rivière. Une autre métaphore, plus récente, propose de s’identifier au contraire à ces eaux qui gardent en mémoire le passage et l’attachement aux lieux traversés ou habités, mais nous libèrent d’une dimension statique, faisant de nos identités et traditions culturelles non plus arbres enracinés mais ruisseaux courants et sources claires.
Après de nombreuses collaborations artistiques dans différents groupes (Sourdurent, Bourrasque, Bòsc, l’Équipe) et collectifs (La Crue, ARFI) travaillant le matériau des musiques dites ‘traditionnelles’ ou ‘populaires de tradition orale’, Elisa Trebouville s’attelle à la création d’une forme solo combinant concert et réflexion autour de la pratique contemporaine de ces répertoires.
À partir d’une mise en récit de son parcours de musicienne mais aussi d’autres témoignages sur ce thème, ainsi que de paysages sonores – notamment par la diffusion d’enregistrements, le montage et le mixage en direct de bandes cassettes – celle-ci propose de questionner la notion d’identité et réfléchir au lien intime que l’on peut nouer à un lieu, une géographie, un pays ou plus largement une ‘culture’, à partir d’une pratique musicale. Envisageant une forme hybride entre documentaire radiophonique et concert expérimental / installation sonore, cette création sera l’occasion de combiner différentes formes d’expression qui lui sont chères, afin de donner à entendre une rencontre avec ce que sont ces musiques aujourd’hui et la manière dont elle a choisi, à un moment, de suivre leur piste.
Projet porté par CERC & La Crue