
Sonarel, Sunarel, Sounarel. En oc. Le truc qui sonne.
En Provence, on lui dit Calamèu. Le morceau de calame.
Parfois même Sabi-Ren (je n’en sais rien, nom donné par hasard et surtout par Yves Rousguisto du côté de Nice).
La métaphore d'un instrument probable... Aucune forme cristallisée, ni de pratique officielle attestée... Des bribes, des petits morceaux de canne ou de sureau par-ci par là, dans les mémoires... Un instrument qui n'existe pas vraiment, qui ne fonctionne pas toujours, n’a pas de répertoire... Et pourtant, un instrument qui m'obsède depuis près de 30 ans.
Il m'a amené en Sardaigne il y a 3500 ans, il m'a guidé sur les chemins de l'organologie, de la lutherie expérimentale, il m'a amené à créer un événement transversal (colloque-atelier-festival) entre chercheurs et empiristes entre musicien-nes et botanistes ; il m'a impliqué dans des recherches chimico-botaniques pour des musicien-nes baroques de Versailles... Le chant du Roseau, et ses mystères…
Près de 30 ans après avoir commencé mon apprentissage de construction/reconstitution de l'instrument, j’ai réalisé de nombreuses étapes de prototypes, constructions, améliorations, expérimentations. Par de nombreuses rencontres, j’ai cumulé des savoir-faire empiriques, des savoirs scientifiques, acoustiques, poétiques, botaniques, historiques…
Aujourd'hui je le tiens, je l'ai ! Mon temps et le sien sont accordés pour enfin développer un projet artistique complet.
De par la spécificité de l’instrument, qui représente à la fois le dénuement et la complexité, j’ai décidé de développer une création protéiforme et atypique. Limiter sa présentation à un jeu musical de type concert ne lui rendrait pas valeur, et peut-être exposerait ses seuls défauts. Mon projet est de décliner un développement artistique autour de ses caractéristiques atypiques, sociales et organologiques.
Henri Maquet
Projet porté par CERC et le label Indémo